châteauneuf du pape

 
 

LES quatres terroirs de châteauneuf du pape

Trônant sur une colline de 120 mètres de hauteur, Châteauneuf-du-Pape s’érige fièrement sur la bordure occidentale du Comtat Venaissin. Situé à mi-chemin de deux cités prestigieuses, Avignon et Orange, elle fait partie du département de Vaucluse. À quelques kilomètres vers l’ouest, la rive gauche du Rhône rappelle que l’histoire de ce vignoble est intimement liée à celle du fleuve

Il y a de nombreux millions d’années, les mers des ères secondaires et tertiaires ont déposé des couches successives de sédiments qui, transformées en roches,  forment aujourd’hui le sous-sol du vignoble.

Au tout début du Quaternaire, le Rhône va s’emparer de la totalité du vaste couloir qui s’étire entre les Alpes et le Massif Central et y déposer d’importantes terrasses constituées d’alluvions caillouteuses. Les beaux galets roulés de la plus ancienne d’entre elles, souvent de grande taille, faits de quartzites (100 % de silice), témoignent de la puissance dont disposaient les bras du lit vif  pour les transporter depuis le cœur des Alpes jusqu’à Châteauneuf-du-Pape. Devenus emblématiques de l’appellation, ils bénéficient de la particularité de restituer aux grappes de raisin la chaleur emmagasinée au cours de la journée, participant ainsi à l’accomplissement d’une parfaite maturité. Ils empêchent également l’évaporation de prélever par capillarité trop d’eau venant de couches semi-profondes.

Le sous-sol de cette terrasse caillouteuse est le plus souvent constitué d’argile rouge, qui fournit à la vigne des solutions riches en minéraux.

Les « vieilles vignes », qui sont profondément enracinées dans ce substrat épargné par  le préjudice du manque d’eau, permettent d’offrir aux vignerons des raisins de très grande qualité.

Trois autres terroirs majeurs hébergent le vignoble de Châteauneuf-du-Pape. À l’ouest, ce sont des roches calcaires, dont les fissures contiennent des argiles et des sables fins. À l’est, au nord et au sud-est, on rencontre des versants et des coteaux sableux (faits de « safres » marins d’âge tertiaire), dont les superficies sont très significatives.

Enfin, les plus récentes terrasses, toujours filles du Rhône, nappent de grandes plaines très viticoles au nord et au sud.

Pour élaborer leur vin, les vignerons jouent sur le registre de cette diversité, soit en assemblant les vendanges de différents terroirs, soit, au contraire, en choisissant un seul d’entre eux dans le but d’élaborer une cuvée particulière

 

Les terroirs de Châteauneuf-du-Pape ©Pierre le hong

 

Les galets roulés

Les galets roulés de Châteauneuf-du-Pape présenté par Georges Trucs

 

Les sables et safres

Les terroirs de sable et de safre de l'AOC Châteauneuf-du-Pape, Georges Truc

 

Les grès rouges

 

Les argiles rouges

 

Les calcaire blancs

Le terroir calcaire de l'AOC Châteauneuf-du-Pape
 

LE VIN AUX TREIZE CÉPAGES

À Châteauneuf-du-Pape, la tradition veut que les vins naissent de treize cépages, chacun apportant sa caractéristique à l’ensemble : couleur, charpente, parfum, fraîcheur ou longévité.

En effet, pas moins de treize cépages peuvent entrer dans la composition des vins rouges (94% de la production), mais également des vins blancs (6% de la production) : grenache (Noir, Gris, Blanc), syrah, mourvèdre, cinsault, clairette (blanche, rose),  vaccarèse, bourboulenc, roussanne, counoise, muscardin, picpoul (blanc, gris, noir), picardan, et terret noir.

Les vignerons puisent librement dans cette collection pour élaborer leurs vins, chaque exemplaire conférant sa particularité à l’ensemble. À l’origine, les vignes étaient complantées en « foule » : tous les cépages se trouvaient mélangés sur une même parcelle.

Ce patrimoine ampélographique provient d’un travail de sélection élaboré depuis des générations par les vignerons de l’appellation. Ainsi, au début du XIXe siècle, Joseph Ducos, le propriétaire du Château La Nerthe, a observé sur sa propriété le comportement d’une dizaine de cépages et a pu établir précisément l’assemblage type d’un Châteauneuf-du-Pape.

De nos jours, le grenache a l’ascendant dans la plupart des vins élaborés. Originaire de la péninsule ibérique, il a trouvé une terre d’élection à Châteauneuf-du-Pape. Il fait corps avec les sols pauvres et secs de l’appellation. Rustique, il résiste à la chaleur et aux assauts répétés du vent. Colonne vertébrale des vins rouges, il leur apporte la structure, la puissance et l’aptitude à défier le temps. Pour atteindre l’équilibre, les vignerons l’assemblent généralement au mourvèdre, à la syrah et au cinsault.